Qu’est ce que la beauté
Selon le Petit Larousse la beauté c’est « le caractère de ce qui est beau, conforme à un idéal esthétique ». Quant au Beau est « Ce qui fait éprouver un sentiment esthétique d’admiration et de plaisir ».
Les choses que nous qualifions de "belles" ne peuvent elles être belles que si le beau en soi existe?
Mais qu’est ce que le beau exactement et qu’est ce qui fait que nous trouvons une personne ou une chose jolie?
Est beau ce qui enchante notre psyché. Le beau s'accompagne souvent d'une libération des troubles de l'âme et du corps qui touchent l'homme au plus profond de lui même
Est beau ce qui évoque à la personne qui regarde une forte émotion positive et un fort degré d’attraction. (1) (2)
Cela incluse des notions de volumes, texture, couleur et taille pour un objet et, volume, ovale du visage, aspect de la peau pour un visage. (3)
Les critères du beau
Beauté, esthétique, joli, attrayant, …. Tout se mélange.
Ceci est beau, ceci est laid.
Ceci est un chef d’ouvre, cela ne vaut rien…
Histoire de gout ? De jugement trop hâtif ou téméraire ?
Il est vrai que pour de nombreuses choses il est permis de discuter des gouts. On peut préférer un chêne à un pin, une tulipe à un œillet. Mais devant un sapin majestueux ou une rose les avis concordent en général. Pourquoi ? Qu’est ce donc que la beauté, si tant est qu’on puisse la qualifier ainsi ?
Qu’elle est la différence entre un chêne si beau soit il et un sapin tout aussi beau ?
Pourquoi préfère t on une rose à une tulipe ?
Affaire de gout, appréciation personnelle… diront certains.
Oui mais. Certains visages, pour ne citer que cet exemple puisque étant l’objet principal de cette étude, rencontrent un suffrage quasi universel. Existerait-il alors une notion autre que la beauté simple qui permettrait de mettre tout le monde d’accord ? (4)
> En toutes choses la beauté résulte de la justesse des proportions.
S’il y a proportion, alors il y a forcement mesure. La beauté n’apparaît plus alors comme quelque chose de subjectif mais comme quelque chose de mesurable, d’universel.
Une autre notion a son importance dans la beauté, c’est la notion de mouvement. La beauté statique et la beauté dynamique comme les qualifie Mr le PR Caix.
Un visage peut être beau figé et totalement laid en mouvement et vice versa. La beauté initiale se trouvant changée en mieux ou en pire lors d’un sourire par exemple ou par la pose d’un appareil dentaire.
Encore une fois pourquoi ? Des volumes ont changés, des distances se sont modifiées, Ceux ci pourraient ils tout expliquer ?
A tout ceci nous allons tenter d’en trouver un point commun, ou à l’inverse de voir que peut être il n’en est rien, non pas tant pour démystifier la notion même de beauté. Il est parfaitement frustrant de déformer sa vie en analysant en permanence le pourquoi du comment, mais en essayant peut être de comprendre pourquoi un sapin, une rose ou un visage nous semble plus beau qu’un chêne, qu’une tulipe ou qu’un autre visage.
Notions de philosophie
Dans l’Hippias majeur, Socrate et Hippias s’attachent à trouver une définition au « beau », et vont échouer à définir précisément l'Idée de Beau.
En effet, Socrate demande ce qu'est le beau. Une réponse d'Hippias est: "une belle vierge, voilà ce qu'est le beau". Contre cette affirmation, Socrate fait valoir qu'il existe aussi de belles juments et de belles lyres. La diversité des beaux objets semble décourager l'analyse de la beauté en soi, et, de fait, ce dialogue de Platon se termine par une aporie: aucune définition satisfaisante du beau n'est trouvée. (3)
Platon : vers l'idée de beau
Sa philosophie de la Beauté est esquissée dans l'Hippias Majeur et exposée dans Le Banquet. Platon distingue 3 étapes dans l'initiation à la Beauté : la purification, l'ascension et la contemplation. (3)
Chez Platon, le beau est associé au vrai et au bien comme une des idées les plus élevées. L'intuition de la beauté en soi, est supérieure à la jouissance provoquée par les beaux objets particuliers. Dans le Banquet, il montre comment on peut passer du désir des beaux corps à l’amour des belles âmes pour parvenir à la contemplation de la beauté en soi. Etre beau, c’est alors se rapprocher d’un idéal, c’est être ce qui doit être, ce qui assimile la beauté à la perfection esthétique.
En reprenant les trois étapes de l'initiation à la Beauté : la purification, l'ascension et la contemplation, Platon donne une forme dialectique aux mystères orphiques de l'ascension de l'âme vers le divin. Il opère ainsi l'opposition entre le logos et le mythe dans la conception de l'Éros[].
Platon, comme Aristote après lui, associe le beau et l’harmonieux, dans lequel chaque partie d’un ensemble est accordée au tout. (3)
Aristote: le beau comme finalité
Chez Aristote, l’idée de beauté-finalité s’ajoute à celle de beauté-perfection : ce qui est beau n'est pas dû au hasard, mais est réalisé en vue d’un but. Ainsi l’imitation de la nature est contestée par Platon qui n’y voit que simulacre, mais est soutenue par Aristote dans la mesure où pour lui, la nature agit selon des fins qui rendent les choses belles.
Kant et le jugement esthétique
Emmanuel Kant (Immanuel en allemand) est un philosophe allemand du dix huitième siècle. (1) (4) (5)
Pour Kant, le beau est l’objet de satisfaction universelle, dégagée de tout intérêt
Il existe de façon incontestable un avant et un après Kant en particuliers dans le domaine esthétique.
La philosophie esthétique de Kant est exposée dans la Critique de la faculté de juger. Ce troisième opus critique a pour thème la faculté de juger comme point d´articulation de la raison théorique et la raison pratique. Kant veut achever par là l’édifice de la métaphysique qu´il veut refonder depuis la Critique de la raison pure.
Le but de Kant n'est pas de proposer des normes du beau, mais d'expliquer pourquoi une chose est belle, et en quoi consiste un jugement de goût.
Kant, dans la Critique de la faculté de juger, considère qu’il n’y a ni règle ni critère de beauté. Mais Kant remarque aussi que la beauté n’est pas nécessaire au plaisir et réciproquement. De plus il souligne qu’il y a dans tout jugement esthétique une prétention à l’universalité et à l’objectivité. Elle n’est simplement pas démontrable. La beauté est pour Kant une « satisfaction désintéressée », une finalité sans représentation, une impression que tout est à sa place.
Le beau est un produit du sens esthétique. En ce sens, ce qui est beau, ce n'est pas un objet, mais sa représentation.
Kant en donne la définition suivante : « Est beau ce qui plaît universellement sans concept ».
Le beau est un intermédiaire entre la sensibilité et l'entendement : ce n'est pas un concept, mais il ne se confond pas avec l'agréable, qui relève pour sa part de la tendance. Kant distingue deux types de beau : la beauté libre et la beauté adhérente. Quant au sublime, il se distingue du beau en ce qu'il dépasse notre entendement.
La thèse de Kant peut être résumée en une phrase relativement courte : l’expérience de la beauté est constituée par « le jeu libre et harmonieux de l’imagination et de la compréhension »; l’expérience de l’art est semblablement constituée, bien qu’avec quelques raffinements supplémentaires. Mais ce que cette phrase imposante veut réellement dire est loin d’être évident.
Kant utilise la notion d’imagination dans un sens technique. Dans la perception ordinaire le rôle de l’imagination consiste à rassembler ou à différencier des éléments du champ visuel selon un ordre pré conceptuel - c’est à dire indépendamment de notre appréhension du genre des choses que nous regardons.
Selon HEGEL
L’art exprime l’Idée sous une forme sensible, c’est l’absolu donné à l’intuition : le Beau est la manifestation sensible de l’Idée, mais sans en être une forme achevée.
L’art est une objectivation de la conscience par laquelle elle se manifeste à elle-même. Il constitue donc un moment important de son histoire. La réflexion sur l’art implique la fin de l’art, au sens où cette fin est un dépassement de l’élément sensible vers la pensée pure et libre. Ce dépassement doit se réaliser dans la religion et la philosophie. Pour Hegel la plus mauvaise des productions de l'homme sera toujours supérieure au plus beau des paysages, car l'œuvre d'art est le moyen privilégié par lequel l'esprit humain se réalise. Il a pour but « la présentation de la vérité » sous sa forme sensible et permet à l’homme d’accéder à la conscience de soi. (1) (2)
L’histoire de l’art se divise en trois, suivant la forme et le contenu de l’art :
art symbolique, oriental, baroque, où la forme excède le contenu ;
art classique, grec, qui est l’équilibre de la forme et du contenu ;
art romantique, chrétien, où le contenu absorbe la forme. (6)
La beauté selon Alberti
S'inspirant de Vitruve, Alberti conçoit la beauté comme un "je ne sçay quoi" qui résulte de la conjonction de trois facteurs :" beauté est un accord, ou une certaine conspiration (s'il faut parler ainsi) des parties en la totalité, ayant son nombre, sa finition, & sa place, selon que requiert la susdicte correspondance, absolu certes & principal fondement de nature " (4) ( Livre IX, chapitre V, folio 191 et 192).
Le nombre : Alberti précise les nombres, pairs et impairs, dont use la nature et qu'il nous faut préférer à tous les autres pour des raisons qui peuvent nous paraître aujourd'hui bien pittoresques : le Un, parce que notre visage comporte un nez, une bouche, le Deux en rapport avec nos yeux nos oreilles, et ainsi de suite jusqu'au nombre dix, le plus parfait selon Aristote.
La place ou collocation (folio 195) concerne la situation dans l'espace des parties, pour une bonne partie, " elle provient du jugement que nature a donné aux hommes... elle se fonde sur la pratique de la finition. "
La finition " est une certaine correspondance de lignes entr'elles, par lesquelles les quantités sont mesurées : dont l'une sert pour la longueur, l'autre pour la largeur, & la tierce pour la hauteur. Or icelle finition se faict bien divinement si l'on veult suyvre les regularitez ( les règles) par lesquelles la nature se manifeste chacun jour à nos yeux, voire s'y rend grandement admirable, qui me font affirmer une fois pour toutes, le dire de Pythagoras, qui est que la dicte nature est en tout & par tout semblable a elle mesme, & ne varie point : car (certes) ainsi va la chose, consideré que les nombres causans (qui sont la cause) que la concordance des voix se rende agreable aux aureilles, ceulx la sans autres (ceux là seuls) font aussi que les yeulx & l'entendement se remplissent de volupté merveilleuse..." (1)
Bibliographie
1. www.wikipedia.fr: encyclopédie libre
2. www.wikipedia.co.uk encyclopédie libre en langue anglaise
3. http://www.beautyanalysis.com/
4. John Armstrong. La beauté et l'esprit: leçons kantiennes http://www.interdisciplines.org/artcog/papers/2/version/fr
5. Kant. Critique de la faculté de juger
6. Michel Cazenasse. Encyclopédie des symboles. livre de poche 1989
Dr Paul Barbe Médecine Esthétique Morphologique et Anti Age dans le Vaucluse
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